Emploi numérique dans l’Ouest en 2026 : une reprise prudente, l'expérience toujours en tête des attentes

Ce que nous disent l’Apec Pays de la Loire et l’enquête ORCN 2026 d’ADN Ouest

Fin septembre, deux rendez-vous sont venus dresser un état des lieux intéressant du marché IT dans l’Ouest : le webinaire de l’Apec Pays de la Loire du 18 septembre et la restitution, le 24 septembre à l’IUT de Nantes, de l’enquête 2026 de l’Observatoire Régional des Compétences du Numérique d’ADN Ouest. Cette dernière s’appuie sur 451 contributions en Pays de la Loire, recueillies entre mai et juillet 2026.

Voici ce que nous en retenons, avec un regard de recruteuses IT.

Le marché repart… mais avec prudence

Premier signal plutôt positif : 49 % des structures interrogées ont recruté au cours des 12 derniers mois, et 54 % envisagent de le faire dans les 12 prochains mois. La croissance du marché numérique est par ailleurs attendue à +3 % en 2026, contre +1,8 % en 2025 selon Numeum. Mais les volumes d’offres restent en retrait.

L’Apec recense 4 150 offres de cadres en informatique publiées sur un an dans les Pays de la Loire, soit 16 % de moins qu’en 2024. Autrement dit : les recrutements repartent, mais les entreprises restent sélectives.

Et cela se ressent directement dans les processus de recrutement : les besoins existent, mais les entreprises prennent davantage le temps de préciser leur besoin, de comparer les profils et de sécuriser leur décision.

digital-graph-with-businessman-hand-overlay

Nantes concentre toujours une grande partie du marché IT

Nantes reste le principal bassin d’emploi numérique régional : 65 % des offres informatiques se concentrent dans la zone d’emploi nantaise. Côté métiers, trois familles représentent à elles seules près de 60 % des offres :

  • Développement : 29 %, soit environ 1 180 offres, malgré une baisse de 25 % sur un an ;
  • Gestion de projet : 16 %, soit environ 670 offres ;
  • Infrastructure & systèmes : 14 %, soit environ 660 offres.

Un autre chiffre mérite l’attention : le big data progresse de 30 %, avec environ 285 offres.

Les niveaux de rémunération restent, eux aussi, très dépendants des métiers. L’Apec situe le salaire moyen proposé dans les offres informatiques à 46 k€ bruts annuels, avec des écarts importants : environ 57 k€ en direction informatique contre 43 k€ en développement. Le salaire médian des cadres en poste dans la région atteint 50 k€.

Le retour en force des profils confirmés

C’est probablement le chiffre qui nous interpelle le plus. Selon l’ORCN, seulement 16 % des recrutements concernent des profils juniors ou débutants, contre 70 % de profils confirmés ou expérimentés. En 2024, les juniors représentaient encore 26 % des recrutements.

Dans un contexte où les entreprises cherchent à limiter les risques de recrutement, elles privilégient donc de plus en plus des profils capables d’être rapidement autonomes. Et cela se retrouve dans les motifs de refus : 56 % des refus sont liés à un manque d’expérience, devant les prétentions salariales, citées dans 41 % des cas.

Ce n’est pas pour autant que tous les métiers sont logés à la même enseigne.

Le sentiment de pénurie globale s’est nettement détendu : il concerne désormais 16 % des répondants, contre 56 % en 2022. Mais certaines compétences restent difficiles à trouver :

  • Data & IA : 57 %
  • Développement : 46 %
  • Infrastructure, systèmes, réseaux & cloud : 37 %

C’est également ce que nous constatons sur le terrain : le marché est moins tendu globalement, mais il reste très concurrentiel dès qu’on cherche une combinaison de compétences techniques, d’expérience et d’autonomie.

white-cardboard-jigsaw-puzzles-yellow-background

L’IA n’est plus un sujet “à venir”

L’autre enseignement fort de l’enquête ORCN concerne évidemment l’IA. Plus des deux tiers des entreprises interrogées ont déjà intégré l’IA dans au moins un workflow métier. Et les usages commencent à se traduire dans les organisations : 34 % du code serait désormais produit avec l’appui de l’IA et 17 % des entreprises ont déjà créé des rôles dédiés, comme AI Engineer ou référent IA.

Mais un chiffre nous semble particulièrement intéressant : 46 % des entreprises estiment que l’IA n’aura pas d’impact net sur le volume global de leurs recrutements. L’enjeu n’est donc pas simplement de “recruter dans l’IA”. Il est aussi de faire évoluer les compétences existantes et de comprendre comment l’IA transforme progressivement les métiers déjà présents dans les entreprises.

C’est d’ailleurs dans cette logique que nous travaillons actuellement sur les fiches métiers IA des Favoris : identifier les fonctions qui commencent réellement à se démocratiser dans les PME et ETI, au-delà des intitulés très spécialisés.

Et pendant ce temps, le sujet de la transmission reste entier

Autre point de vigilance : l’accès des jeunes profils au marché. 49 % des entreprises interrogées ont recours à l’alternance. Mais 46 % déclarent n’avoir embauché aucun alternant à l’issue de son contrat.

Parmi les freins évoqués : la fin des aides publiques, mais aussi le manque de tuteurs seniors disponibles. C’est là que se dessine un paradoxe intéressant : les entreprises recherchent davantage de profils expérimentés, mais recrutent moins de juniors susceptibles de devenir ces profils expérimentés demain.

L’ORCN alerte ainsi sur le risque d’un véritable « trou d’air » générationnel si les recrutements repartent sans élargissement du vivier.

Alors, que retenir pour les recrutements IT ?

Pour les entreprises

Le marché s’est détendu depuis 2022. Mais cela ne signifie pas que tous les profils sont devenus faciles à recruter. Les profils expérimentés restent très recherchés et certaines compétences — Data & IA, développement, infrastructure, cloud — continuent de créer de la tension.

Le premier enjeu est donc de bien définir le besoin.

Le deuxième est d’accepter d’élargir le vivier : revoir certains critères, identifier les compétences réellement indispensables et distinguer ce qui peut s’apprendre de ce qui nécessite impérativement de l’expérience.

Pour les candidats

Dans un marché plus sélectif, un CV qui liste des technologies ne suffit plus toujours. L’Apec recommande notamment de mettre en avant ses réalisations concrètes, idéalement chiffrées, de personnaliser sa candidature et de continuer à développer son réseau. Un conseil que nous partageons.

Le réseau reste un levier majeur : dans 4 cas sur 10, la personne recrutée était déjà connue de l’entreprise ou recommandée par un tiers.

networking-concept-still-life-composition-1

Notre lecture chez Les Favoris

Ce que nous observons aujourd’hui n’est donc ni un marché bloqué, ni un retour aux tensions de 2021-2022. C’est un marché plus sélectif, plus ciblé et plus exigeant.

Les entreprises veulent recruter avec davantage de visibilité sur leur besoin et sur le niveau d’autonomie attendu. Et les profils réellement différenciants — ceux qui combinent expertise technique, expérience terrain et capacité à s’adapter — restent difficiles à identifier et à approcher.

C’est précisément là que le sourcing direct prend tout son sens.

Consulter l’étude ORCN : https://library.adnouest.org/observatoire-regional-des-competences-numerique-de-louest-orcn